Sage Orne Amont

Zones humides

Généralités

Qu’est-ce qu’une zone humide?

Milieux d’interface entre les milieux terrestres et les milieux aquatique, les zones humides sont définies, d’après le code de l’environnement, comme :

« Des terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d’eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire. La végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles (qui s’adaptent à l’eau) pendant au moins une partie de l’année ».

Sur le terrain, l’identification et la délimitation d’une zone humide se réalise à l’aide de trois critères :

L’hydrologie étudie la présence d’eau, de façon permanente ou temporaire, à la surface de la zone humide ou à faible profondeur dans le sol. L’inondation et la saturation en eau du sol varient en fonction des conditions climatiques, de la typologie de la zone humide, du type de sol et de la topographie. Cependant, l’hydrologie n’est pas toujours identifiable sur le terrain et les inventaires se basent plus précisément sur les deux critères suivants.

La botanique permet d’inventorier le type de végétation et d’habitats présents sur la zone humide, d’après une liste d’espèces hygrophiles définies dans l’arrêté ministériel du 24 Juin 2008. Ce critère nécessite une bonne connaissance de la flore hygrophile et doit correspondre aux périodes de floraison des espèces afin de faciliter leur identification. Pour plus d’information sur les plantes hygrophiles: http://www.zones-humides.eaufrance.fr/identifier/identifier-2/delimiter-pour-la-reglementation-2/critere-relatif-aux-plantes-hygrophi

La pédologie est une science qui étudie les sols. Sur une zone humide elle permet, grâce au prélèvement d’un échantillon de sol, d’évaluer la présence prolongée d’eau naturelle à faible profondeur. On parle alors de sols hydromorphes qui sont reconnaissables grâce à des traits d’hydromorphie.  Ce critère peut être utilisé toute l’année pour l’identification d’une zone humide, se basant sur la liste des sols de zones humides de l’arrêté ministériel modifié du 24 Juin 2008. Pour plus d’informations sur l’hydromorphie du sol : http://www.zones-humides.eaufrance.fr/identifier/identifier-2/delimiter-pour-la-reglementation-2/critere-relatif-a-l-hydromorphie-des

Le rôle des zones humides

Ces milieux remplissent des fonctions importantes vis-à-vis de la qualité de nos écosystèmes et de notre ressource en eau:

Leurs fonctions hydrologiques s’apparentent à un rôle d’éponge naturelle. En période hivernale, lors de fortes précipitations, les zones humides reçoivent et stockent l’eau limitant ainsi l’apport massif d’eau à la rivière en période de crue. En revanche, lors de la période estivale, les zones humides restituent progressivement l’eau stockée, ce qui permet de réalimenter la rivière  et de maintenir un niveau d’étiage convenable.

– Les milieux humides possèdent aussi des fonctions épuratrices pour l’eau, servant ainsi de filtre naturel. Les plantes, le sol et les bactéries présents au sein d’une zone humide permettent de dépolluer l’eau (en transformant certaines molécules grâce à des mécanismes biogéochimiques complexes) et de stocker certains flux de matières minérales (sédiments notamment). Grâce à ces processus, l’eau sortant des zones humides est de meilleure qualité que celle qui les alimente.

Enfin, les fonctions écologiques qu’ont les zones humides leurs apportent une biodiversité importante dans ces milieux. En effet, beaucoup d’espèces faunistiques ou floristiques se reproduisent, s’alimentent ou se réfugient dans ces espaces.

Les menaces qui pèsent sur ces milieux…

Malgré leurs utilités pour la préservation de la ressource en eau, les zones humides ont longtemps été considérées comme improductives et insalubres par l’homme. Par conséquent, de nombreuses dégradations ou même destructions ont eu lieu. En 1994, un rapport rédigé par le Préfet Paul Bernard, a dressé un constat sur l’évolution des zones humides durant la seconde moitié du XXème siècle : environ 50% de la surface de zone humide sur le territoire national avaient disparu. Les différents facteurs et activités qui menacent les zones humides sont:

 – Le développement de l’urbanisation et des infrastructures qui peuvent entrainer une imperméabilisation des sols, des drainages, des remblais; et ainsi perturber le fonctionnement d’une zone humide.

 – L’intensification de certaines pratiques agricoles avec :

× le drainage et le remblaiement de zones humides qui entrainent un dysfonctionnement des rôles de filtration et de stockage.

× le retournement des prairies en cultures dégradent aussi les fonctionnements hydrauliques des zones humides, car la végétation et la structure du sol sont modifiées. Cependant, cette dégradation n’est pas totalement irréversible car une culture peut rebasculer en prairie.

× la déprise des terres agricoles humides, dûe à la difficulté d’exploitation, entraine un enfrichement puis une fermeture des prairies humides et des espèces qui y sont associées. Certains propriétaires, pour éviter l’abandon et l’arrêt total de production sur ces milieux, ont développé la plantation de peupleraies en zones humides. A quantité importante sur un bassin versant, celles-ci peuvent avoir un  impact sur l’épuisement des sols, l’abaissement des nappes ou encore le potentiel biologique du milieu.

– L’aménagement des cours d’eau  modifient, dans une grande majorité des cas, le profil des berges et le débit de l’eau. De plus, lors de certains aménagements, il y a une déconnexion qui est faite entre les zones humides riveraines (situées dans le lit majeur) et le cours d’eau.

– L’introduction d’espèces invasives, qu’elles soient faunistiques ou floristiques, perturbe l’équilibre des écosystèmes aquatiques et nuisent aux espèces indigènes. Pour plus de précision sur les plantes envahissantes de Basse-Normandie, la Région, la DREAL, le Conservatoire botanique et le Conservatoire d’espaces naturels ont réalisés une plaquette d’information, téléchargeable ici: Plaquette Plantes Invasives de Basse-Normandie

 

Les zones humides en Basse-Normandie

L’atlas cartographique des zones humides

Pour palier au manque de connaissances sur ces milieux et pour créer une base de données servant d’appui pour les inventaires de terrain ; la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) a créé un atlas des zones humides à l’échelle de toutes les communes Bas-Normandes. Cet outil, qui s’est principalement basé sur l’interprétation de photographies aériennes, ne correspond pas au critéres d’identification définis par la loi. Cependant, la fiabilité des données sur la plupart des territoire se révéle être une aide précieuse pour les inventaires. Que vous soyez élu, agriculteur, technicien ou citoyen interessé par cette thématique, les données de l’Atlas sont consultables par tout un chacun via ce lien internet: « La cartographie des zones humides de Basse-Normandie »  http://carmen.application.developpement-durable.gouv.fr/8/zh.map

Sans titreZones humides-Site internet

Les aides de l’Agence de l’eau Seine-Normandie

Dans la mise en oeuvre de la Directive Cadre sur l’Eau et dans l’objectif d’atteinte de bon état des eaux, l’Agence de l’eau Seine-Normandie (AESN) via son 10 ème programme (2013-2018) s’engage dans la protection des zones humides avec des aides financières aux collectivités.  Les actions aidées qui peuvent-être engagées sur le Bassin de l’Orne et de la Seulles sont :

× les études et les dispositifs de suivi des milieux aquatiques et humides. Subventions à hauteur de 80%

× l’acquisition foncière ou de droits réels de zones humides. Subventions à hauteur  de 80%

× les travaux de renaturation et de restauration. Subventions à hauteur de 80%

× l’entretien des milieux. Subventions à hauteur de 40%

× les actions de communication. Subventions à hauteur de 50%

Pour toutes informations complémentaires sur ces dispositifs d’aides, contactez le technicien zones humides au 02.31.57.12.61.

Sur le SAGE Orne-Amont…

Animation et communication

Le 14 Novembre 2013, sur la commune du Cercueil, une animation fût proposée par le CPIE des collines normandes en partenariat avec l’Institution Interdépartementale du bassin de l’Orne (technicien zones humides) et la Cdc des sources de l’Orne (technicien de rivière). Autour d’une zone humide au bord de la Thouane, une vingtaine d’élus, d’agriculteurs et autres acteurs locaux étaient présents. Ils ont ainsi pu suivre une présentation sur le programme de préservation de la biodiversité « Natura 2000 », une autre sur les actions de restauration de rivière de la Thouane et enfin une dernière présentation sur les critères de reconnaissance d’une zone humide et ses rôles sur le grand cycle de l’eau.

L’objectif commun des trois techniciens était de démontrer l’importance qu’ont les écosystèmes aquatiques pour sauvegarder une bonne qualité de l’eau. Cette demi-journée sur le terrain a permis de rassembler les différents acteurs afin de débattre sur les différents points de vue de chacun ; et de pouvoir affiner les perspectives communes de gestion et protection de ces milieux qui sont nécessaires à tous.

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Pour plus d’informations

Pour plus d’informations sur cette thématique, n’hésitez pas à contacter le technicien zones humides de l’IIBO au 02.31.57.12.61.

Liens internet complémentaires sur les zones humides:

Le portail national des zones humides: http://www.zones-humides.eaufrance.fr/

La cartographie des zones humides de Basse-Normandie : http://carmen.application.developpement-durable.gouv.fr/8/zh.map

La page du Forum des marais Atlantiques : http://www.forum-zones-humides.org/

Le site du Pôle relais mares, zones humides intérieures et vallées alluviales : http://www.pole-zhi.org/

Le site du Pôle relais Tourbières : http://www.pole-tourbieres.org/