Sage Orne Moyenne

Rapports d’activités

QUELQUES DONNÉES SUR L’ÉTAT DE NOS EAUX ET RIVIÈRES

Pour une faune et une flore aquatiques en bonne santé, riches et variées, la qualité de l’eau est primordiale. Au titre de la Directive Cadre sur l’Eau, différents paramètres physicochimiques sont pris en compte : matières organiques, azotées et phosphorées, température, oxygène dissous et acidification. La qualité de l’eau est mesurée sur plusieurs années consécutives, l’état annuel pouvant être très dépendant d’une hydrologie exceptionnelle.

Sur les bassins de l’Orne et de la Seulles, depuis plusieurs années, la situation est plutôt moyenne. Les fortes pluies en hiver et au printemps entraînent jusqu’au cours d’eau des particules et les pollutions associées, de façon plus ou moins importante (pente, occupation du sol…). L’été, c’est les faibles débits qui posent problème : les rejets, moins dilués, nécessitent une grande consommation d’oxygène pour être dégradée et celui se dissout moins si la température est élevé.

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Le bilan 2011 est exceptionnellement mauvais : avec 15 stations sur les 39 suivies en qualité médiocre à mauvaise, c’est un triste constat. Il s’agit toujours d’événements ponctuels (sauf pour le Chiromne) mais leur impact a été amplifié par une hydrologie exceptionnelle.

En effet, après un hiver et un printemps très secs, l’étiage s’est installé dès le mois de mai. La crainte de la sécheresse a ensuite été balayée par les pluies abondantes de l’été, et c’est durant cette période qu’on observe les 3/4 des prélèvements en qualité médiocre et mauvaise, en lien avec les matières phosphorées : peu de rivières sont épargnées, y compris la Baize, classée depuis plus de 10 ans en qualité bonne ou moyenne.

Ces résultats doivent être associés à ceux des dernières années pour être réellement significatifs. Ils invitent chacuns à encore conforter ses efforts en matière de prévention des pollutions aquatiques !

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Ça migre sur l’Orne !

Les populations de poissons migrateurs sont suivies depuis 30 ans par la Fédération du Calvados pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique au niveau de la station de contrôle de Feuguerolles-Bully. Ainsi, on sait que 5 espèces de grands migrateurs se plaisent à revenir sur le Fleuve : Saumon atlantique, Truite de mer, Grande Alose, Lamproie marine et Anguille.

Le début des années 2000 marque un tournant dans la chronique de données. En effet, quatre des cinq espèces ont vu leurs effectifs croître de manière significative de 2000 à 2010 : multiplication par 3 des truites de mer avec près de 600 individus en 2010, multiplication par 2 pour le Saumon atlantique où le contingent a atteint 170 individus en 2010. La Grande Alose et la Lamproie marine quasi-absentes dans les années 90 ont connu une embellie dès 2000.

Ainsi, en 2011, quasiment 600 individus de Grande Alose ont été comptabilisés à la station de contrôle. Concernant la Lamproie marine, l’année 2009 constitue l’année record avec plus de 256 individus observés.

Bien que l’année 2012 soit incomplète, les premiers résultats font état de remontées massives de Lamproie marine, a contrario, les effectifs de Grande Alose semblent inférieurs à ceux 2011.
Il est délicat de tirer des enseignements sur une année étant donné que le cycle biologique des grands migrateurs se déroule sur plusieurs années. Néanmoins, au vu de la tendance générale observée depuis les années 2000, un certain optimisme peut être affiché quant au devenir des
populations de migrateurs amphihalins sur le bassin de l’Orne.